Les missions du poste

Établissement : Nîmes Université École doctorale : Risques et Société Laboratoire de recherche : Activités physiques et sportives et processus psychologiques : recherches sur les vulnérabilités Direction de la thèse : Elodie CHARBONNIER ORCID 0000000202259564 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-30T23:59:59 Les personnes transgenres, et particulièrement les jeunes, présentent une santé mentale plus dégradée que les personnes cisgenres (p.ex., Lefevor et al., 2019). La littérature scientifique montre que ces difficultés sont largement liées aux discriminations transphobes (p.ex., Scandurra et al., 2018). Dans plusieurs pays, les droits des personnes transgenres connaissent actuellement des reculs, notamment concernant l'accès aux soins d'affirmation de genre pour les mineur·es (Moore et al., 2025 ; Todd, 2026). Pourtant, les recherches montrent que les politiques anti-trans détériorent la santé mentale des personnes transgenres (Hughto et al., 2022 ; Restar et al., 2024), tandis que les soins d'affirmation de genre ont quant à eux des effets positifs sur leur santé mentale (Tordoff et al., 2022 ; Van der Miesen, 2020).

En France, des propositions de loi visant à limiter les transitions des mineur·es ont également été proposées (Infantolino, 2025), conduisant à un recul dans l'accès aux soins des plus jeunes et à une perte de confiance dans les professionnel·les de santé. Selon le modèle du stress minoritaire, les difficultés psychologiques des groupes minoritaires s'expliquent par l'accumulation de stresseurs généraux et spécifiques liés aux discriminations (Meyer, 2003). Or, les personnes transgenres font fréquemment face à des discriminations dans le système de soin, souvent liées à un manque de formation des professionnel·les de santé (Ferraz et al., 2025 ; Freton et al., 2021 ; Heng et al., 2018 ; Machin et al., 2022 ; Mouton et al., 2025). Ces expériences favorisent la méfiance envers les soignant·es et réduisent le recours aux soins chez les personnes trans (Hobster et McLuskey, 2020 ; Mason et al., 2024 ; Tecquert, 2021). Dans ce contexte, les Services de Santé Étudiante (SSE) constituent un enjeu important pour l'accès aux soins des étudiant·es transgenres.

Malgré l'existence de recherches sur les discriminations dans le champ médical, peu d'études portent spécifiquement sur les SSE, et aucune n'a été menée en France. Ainsi, l'objectif général de ce projet doctoral est d'analyser la prise en charge des étudiant·es transgenres dans les SSE des universités françaises. Pour répondre à cet objectif, ce projet comprend trois sous objectifs :
1. Réaliser une cartographie des procédures mises en place dans les Services de Santé Etudiante des universités françaises pour les étudiant·es transgenres ;
2. Etudier les leviers et les freins des professionnel·les travaillant dans les Services de Santé Etudiante des universités françaises concernant l'accompagnement des étudiant·es transgenres ;
3. Etudier les facteurs explicatifs du recours ou de l'absence de recours aux Services de Santé Etudiante par les étudiant·es transgenres.

Pour répondre à ces différents objectifs, ce projet adopte une approche pluridisciplinaire en psychologie clinique et sociale et comprend trois études. La première étude vise à cartographier les procédures mises en place dans les SSE français pour l'accueil des étudiant·es transgenres. Pour cela, un questionnaire sera adressé aux professionnel·les des SSE afin d'évaluer les dispositifs existants, les formations reçues, les connaissances, les préjugés et l'empathie des personnels. La deuxième étude vise à analyser les leviers et freins à la mise en place de pratiques inclusives dans 2 à 4 universités. Des entretiens et des observations seront réalisés auprès de professionnel·les afin d'étudier les politiques d'inclusion, les pratiques professionnelles, l'offre de soin locale et le recours au tissu associatif. La troisième étude porte quant à elle sur les facteurs expliquant le recours, ou l'absence de recours, aux SSE par les étudiant·es transgenres. Un questionnaire sera envoyé aux étudiant·es transgenres inscrit·es dans une université française afin de mesurer notamment leur recours aux SSE, et différents processus psychologiques. Contexte scientifique :

La vulnérabilité des personnes transgenres, et particulièrement celle des jeunes, est aujourd'hui largement documentée (p.ex., Hainey et al., 2025 ; McArthur et al., 2026 ; Surace et al., 2021). Pour illustration de cela, la littérature met en évidence plus de comportements auto-mutilatoires, de pensées suicidaires et de tentatives de suicides chez les jeunes transgenres comparativement aux jeunes cisgenres (Lefevor et al., 2019). Les taux de tentatives de suicide sont 2 à 3 fois plus importants chez les jeunes transgenres que chez les jeunes cisgenres (Jackman et al., 2021). Aujourd'hui il est largement admis dans la littérature scientifique que cette santé mentale détériorée est en grande partie liée aux nombreuses discriminations transphobes vécues par les personnes transgenres (p.ex., Scandurra et al., 2018).

Actuellement, les droits des personnes transgenres sont loin d'être identiques à ceux des personnes cisgenres dans de nombreux pays du monde. Malgré certaines évolutions positives, nous pouvons observer un récent recul dans différents pays. Au Royaume-Uni, des restrictions concernant les personnes transgenres ont été mises en place ces dernières années. Par exemple, depuis 2024, les bloqueurs de puberté y sont interdits pour les adolescents en questionnement de genre, sauf dans le cadre de protocoles de recherche (Moore et al., 2025). Par ailleurs, les restrictions envers les personnes transgenres pourraient encore se renforcer dans l'avenir suite à la récente décision de la Cour Suprême réaffirmant une définition du sexe fondée sur le sexe assigné à la naissance (Todd, 2026).

Aux Etats-Unis, les possibilités de transition pour les mineur·es ont également été largement restreintes (Mar et al., 2025). Pourtant, la littérature a démontré que les politiques anti-trans' nuisaient à la santé mentale des personnes transgenres (Hughto et al., 2022 ; Restar et al., 2024), ces dernières favorisant notamment l'augmentation des taux de tentatives de suicide (Lee et al., 2024). Or, à l'inverse, les soins d'affirmation de genre ont un impact positif sur la santé des jeunes transgenres (Tordoff et al., 2022 ; Van der Miesen, 2020).

En France, deux propositions de loi visant à interdire les transitions pour les mineur·es ont été déposées en 2024 (Infantolino, 2025). Si ces interdictions venaient à être adoptées, ces jeunes seraient laissé·es sans ressources vers lesquelles se tourner. Les ressources proposées dans les Services de Santé Etudiante (SSE) représentent donc un enjeu sociétal important. Dans ce contexte d'urgence pour les droits des personnes transgenres, ce projet de thèse s'inscrit donc parfaitement dans les enjeux de l'Ecole Doctorale Risques et Société.

Selon le modèle du stress minoritaire (Meyer, 2003), les détériorations de santé mentale des groupes minoritaires s'expliqueraient par un excès de stress. Les personnes appartenant à un groupe minoritaire, comme c'est le cas des personnes transgenres, étant confrontées à la fois à des stresseurs dits généraux c'est à dire vécus par tous les individus (p.ex., passer un concours), et à des stresseurs dits spécifiques c'est à dire liés à leur appartenant minoritaire (p.ex., les actes de discriminations transphobes). Or, il est important de relever le fait que les jeunes transgenres sont particulièrement exposé·es aux discriminations, et cela notamment dans le contexte du soin. En effet, 14% de personnes transgenres se sont déjà vu refuser au moins une fois des soins de la part d'un médecin généraliste et 47% ont déjà renoncé à une consultation médicale ou à des soins en raison de leur idfentité de genre (Beaudequin, 2022). Ces discriminations peuvent en partie s'expliquer par un manque de connaissances et de formation des médecins dans la prise en charge des personnes transgenres (Ferraz et al., 2025 ; Freton et al., 2021 ; Heng et al., 2018 ; Machin et al., 2022 ; Mouton et al., 2025) et peuvent entraîner chez les personnes transgenres une méfiance et une appréhension à l'égard des professionnel·les de santé (Hobster et McLuskey, 2020 ; Tecquert, 2021), conduisant à un plus faible recours au soin (Mason et al., 2024).

Malgré le fait que nous disposons aujourd'hui de nombreuses études rendant compte des discriminations vécues dans le champ du soin par les personnes transgenres, ces données émanent principalement de travaux de recherche conduits dans des espaces de soins très hétérogènes (p.ex., services spécifiques, services généraux, exercices libéral). Par ailleurs, nous ne disposons pas d'études conduites spécifiquement dans les SSE, encore moins en France. Les SSE ont différentes missions obligatoires telles que la prévention, la promotion, l'éducation à la santé ou encore l'accès aux soins de premier recours et la veille sanitaire (Ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace, 2023). Cependant, la mise en oeuvre de procédures d'accompagnement spécifiques aux étudiant·es transgenres (p.ex., le respect du prénom et des pronoms, la modification de la civilité dans leurs dossiers) est soumise à la discrétion de chaque SSE. Ces procédures sont souvent dépendantes des besoins prioritaires des territoires et de la politique d'inclusion mise en place au sein de l'université. Appuyant cette idée, il a été mis en évidence dans d'autres contextes que la mise en place d'une politique inclusive était liée à moins de discriminations subies (Truszczynski et al., 2022) et à moins de stress psychologique chez les personnes transgenres (Lombardi et al., 2024). L'objectif général de ce projet doctoral est d'analyser la prise en charge des étudiant·es transgenres dans les Services de Santé Etudiante des universités françaises. Pour répondre à cet objectif, ce projet comprend trois sous objectifs :

1. Réaliser une cartographie des procédures mises en place dans les Services de Santé Etudiante des universités françaises pour les étudiant·es transgenres ;
2. Etudier les leviers et les freins des professionnel·les travaillant dans les Services de Santé Etudiante des universités françaises concernant l'accompagnement des étudiant·es transgenres ;
3. Etudier les facteurs explicatifs du recours ou de l'absence de recours aux Services de Santé Etudiante par les étudiant·es transgenres. Méthode :

Ce projet de thèse s'inscrit dans une perspective de recherche pluridisciplinaire alliant deux sous disciplines que sont la psychologie clinique et la psychologie sociale, mobilisées pour répondre à un enjeu sociétal et de santé. Afin de répondre à nos différents sous objectifs de recherche, ce projet doctoral comprend 3 études, mobilisant des méthodes diversifiées.

Etude 1.

Notre première étude vise à répondre à notre premier objectif de recherche, à savoir cartographier les procédures spécifiques mises en place par les SSE dans les différentes universités. Nous faisons l'hypothèse que ces dernières sont très hétérogènes et dépendent à la fois des politiques des universités, mais aussi des caractéristiques des individus qui travaillent dans ces services (p.ex., leurs préjugés, leurs formations, etc ...).
Population. Les professionnel·les (p.ex., psychologues, médecins) travaillant dans tous les SSE des Universités françaises seront sollicité·es pour participer à cette étude, soit environ 64 services, pouvant comprendre pour les plus grosses universités près de 20 professionnel·les. Nous espérons pouvoir recueillir à minima 80 réponses complètes.
Procédure. Un questionnaire en ligne sera envoyé à l'ensemble des SSE. Pour cela, différents réseaux seront sollicités (p.ex., réseaux des VP vie étudiante).
Variables. Les variables suivantes seront mesurées :
a. Les procédures spécifiques. Plusieurs questions porteront sur les procédures spécifiques mises en place au sein de leur service, et plus largement, de leur université.
b. Formations et connaissances. La réalisation de formations spécifiques liées à l'accompagnement de la communauté LGBT+, et plus particulièrement des personnes transgenres, sera interrogée (p.ex., date de formation, durée, organisme de formation). Par ailleurs, les connaissances des professionnel·les travaillant dans les SSE seront mesurées au travers de tests de connaissances réalisés sur différentes sphères (p.ex., santé physique, psychologique, stresseurs minoritaires).
c. Les préjugés. Les préjugés à l'égard des personnes transgenres seront mesurés à l'aide de l'Attitude Towards Transgender Men and Women (ATTMW) comprenant 24 items. Cette échelle présente l'avantage de contenir une sous-échelle concernant les attitudes à l'égard des hommes transgenres et une sous-échelle concernant les attitudes à l'égard des femmes transgenres (Billard, 2018).
d. L'empathie. L'empathie sera mesurée à l'aide de la Basic Empathy Scale (BES) mesurant l'empathie cognitive et l'empathie affective en 20 items (Carré et al., 2013).

Etude 2.

Notre deuxième étude vise à répondre à notre deuxième objectif de recherche, à savoir étudier les leviers et les freins des professionnel·les dans l'accompagement des étudiant·es transgenres. Nous faisons l'hypothèse que ces freins et ces leviers dépendront à la fois d'éléments structurels et organisationnels (p.ex., taille de l'université, politique d'inclusion de l'établissement), mais aussi de variables individuelles (p.ex., niveau de connaissances, expériences passées, préjugés).
Terrains de recherche. Nous prévoyons de cibler deux universités : Nîmes Université et l'Université Lumière Lyon 2, car elles présentent des structures très différentes. La première est une université de petite taille (près de 6000 étudiant·es), située dans une ville d'environ 150 000 habitants, et se situant sur un territoire où peu de ressources sont proposées pour les personnes transgenres. Au contraire, la seconde est une université de grande taille (près de 28 000 étudiant·es), située dans une ville d'environ 500 000 habitants et disposant d'un fort réseau de professionnel·les de santé concernant les soins de transition. Suite aux résultats qui seront obtenus dans l'étude 1, nous n'excluons pas la possibilité d'inclure deux autres universités qui présenteront des spécificités mises en évidence dans notre cartographie.
Population. L'ensemble des professionnel·les travaillant dans les SSE de nos différents terrains de recherche seront sollicité·es pour participer à cette étude. Nous espérons pouvoir interroger au moins 15 professionnel·les appartenant à des corps de métier différents et exercant dans différentes universités.
Procédure. Des entretiens semi-directifs seront réalisés avec les différent·es acteur·ices, et seront complétés par des observations non participantes réalisées au sein des différents SSE.
Variables. Les variables suivantes seront interrogées :
a. Les politiques d'inclusions de l'établissement. L'ensemble des personnes interrogées seront questionnées sur leurs connaissances des politiques d'inclusion au sein de leur université.
b. Le parcours professionnel. Les participant·es seront questionné·es sur leur parcours professionnel et leurs formations.
c. Les pratiques professionnelles. Les participant·es seront interrogé·es sur leurs pratiques professionnelles à l'égard des étudiant·es transgenres. Les membres du SSE seront plus spécifiquement interrogé·es sur leurs pratiques d'accueil des étudiant·es transgenres au sein du service. Des observations seront réalisées dans les SSE afin d'analyser plus finement ces pratiques professionnelles.
d. L'affichage inclusif. Des observations seront réalisées dans les SSE afin de voir si ces derniers disposent d'affichages inclusifs conformément aux recommandations faites concernant l'accueil des personnes transgenres en consultation (Chrysalide, 2019 ; Picard & Jutant, 2022).

Etude 3

Notre troisième étude vise à répondre à notre troisième objectif, à savoir évaluer et analyser les facteurs explicatifs du recours ou de l'absence de recours aux soins des SSE par les étudiant·es transgenres. En cohérence avec la littérature sur le recours des personnes transgenres au système de soin en général, nous faisons l'hypothèse d'un faible recours aux SSE de la part des étudiant·es transgenres et d'une faible intention de consulter ces services. Par ailleurs, nous faisons l'hypothèse que le recours aux soins et l'intention de consulter seront liés à des variables individuelles (p.ex., expériences de discrimination vécues, notamment dans le soin, transphobie internalisée, anticipation du rejet) mais également organisationnelles (p.ex., absence de connaissances sur la politique inclusive de leur établissement, absence d'affichages).
Population. Des étudiant.es transgenres inscrit.es dans une université française. Nous prévoyons d'inclure environ 150 personnes.
Procédure. Un questionnaire en ligne sera envoyé à l'ensemble des Universités françaises pour diffusion dans leurs listes mails étudiant·es. Le lien vers le questionnaire sera également envoyé sur différents réseaux sociaux étudiant·es.
Variables : Les variables suivantes seront mesurées :
a. Le recours aux soins au sein du SSE et l'intention de consulter. Des questions seront posées sur leur recours antérieur à un SSE et leur intention d'y avoir recours à l'avenir. Ces questions seront complétées par l'Inventaire d'Attitudes envers le Recours aux Services de Santé Mentale (IARSSM). Cette échelle comprend 24 items répartis en trois dimensions : l'ouverture psychologique, l'indifférence à la stigmatisation et la propension à l'action.
b. Les discriminations vécues. Plusieurs questions seront posées concernant des expériences de discrimination pouvant être vécues, ou ayant été vécues, dans le cadre du soin, au sein de l'université et en dehors. Ces questions seront complétées par la Discrimination in Medical Settings Scale (DMS), une échelle en 7 items (Peek et al., 2011) qui est une échelle qui permet de mesurer les discriminations perçues dans le cadre du système de soin.
c. La transphobie internalisée sera évaluée à l'aide de la sous-échelle de transphobie internalisée de la Gender Minority Stress and Resilience Measure (GMSR) comprenant 8 items (Testa et al., 2015).
d. L'anticipation du rejet sera mesurée avec la sous-échelle d'attentes négatives à propos du futur de la Gender Minority Stress and Resilience Measure (GMRS) comprenant 9 items (Testa et al., 2015).
e. L'offre de soin. Les étudiant·es transgenres seront interrogé·es sur leurs connaissances et leur recours à l'offre de soin générale en dehors de l'université.
f. Le recours associatif. Les étudiant·es transgenres seront interrogé·es sur leurs connaissances et leur recours au réseau associatif au sein et en dehors de l'université.
g. L'affichage inclusif. Des questions leur seront également posées concernant la présence d'affichages inclusifs au sein de leur université, et notamment dans leur SSE.
e. Les politiques d'inclusions de l'établissement. Des questions leur seront posées concernant leurs connaissances des politiques d'inclusion au sein de leur université.

Le profil recherché

Il est attendu que le candidat ou la candidate possède les compétences suivantes :
- Maitrise des questionnaires en ligne et des analyses statistiques
- Maitrise de la conduite et de l'analyse d'entretiens semi-directifs
- Maitrise de l'observation et du codage de comportements

Il est attendu que le candidat ou la candidate possède les connaissances suivantes :
- Connaissances sur la communauté LGBT+
- Connaissances en psychologie clinique et en psychologie sociale

Il est attendu que le candidat ou la candidate possède un master en psychologie

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